Le dispositif en Art-Thérapie Contemporaine©

Le dispositif est l’outil spécifique à l’art-thérapeute. Il fait lien entre le patient et l’art-thérapeute, formant la triade nécessaire à cette approche thérapeutique. Le cadre art-thérapeutique proposé par le thérapeute (physique et déontologique) englobera les trois sommets de ce triangle.
Nous parlons d’un « dispositif poétique éphémère » :
Poétique parce qu’il invite à la rêverie, à l’imagination et la créativité.
Ephémère car aucune production particulière n’est attendue, et ne sera conservée suite à la séance.
Le dispositif est constitué d’une « structure » ou support et d’ « éléments à bricoler » qui sont insérés, dissimulés ou non, invitant à l’exploration du support et de son contenu.
Le dispositif n’implique aucune connaissance préalable à un art quelconque : la spontanéité, la curiosité et les tentatives sont de mise. Nous considérons même que le « ratage » est clé dans le processus.
L’art-thérapeute n’émettra pas de consigne particulière quant à ce qui est attendu : parce que l’art-thérapeute n’attend rien de vous ! Cependant il usera de courtes phrases que l’on nomme « ouvertures » pour vous aider à vous investir dans le dispositif par une approche poétique.
L’art-thérapeute fera preuve de « neutralité bienveillante » envers le patient, il ne cherchera ni à analyser ni à questionner les gestes et paroles du patient, car ce qui se trame en séance trouvera sa place à l’extérieur dans la vie du patient.
Le dispositif est mis à votre disposition pendant le temps de la séance, et ce moment est pour vous, sans nécessité de vous justifier ou bien même de vous exprimer.

Le « bricolage » selon Lévi-Strauss :

« Le bricoleur est apte à exécuter un grand nombre de tâche diversifiées ; mais, à la différence de l’ingénieur, il ne subordonne pas chacune d’elles à l’obtention de matières premières et d’outils, conçus et procurés à la mesure de son projet : son univers instrumental est clos, et la règle de son enjeu est de toujours s’arranger avec les « moyens du bord », c’est-à-dire un ensemble à chaque instant fini d’outils et de matériaux, hétéroclites au surplus, parce que la composition de l’ensemble n’est pas en rapport avec le projet du moment, ni d’ailleurs avec aucun projet particulier, mais est le résultat contingent de toutes les occasions qui se sont présentées de renouveler ou d’enrichir le stock, ou de l’entretenir avec les résidus de constructions et de destructions antérieures.

L’ensemble des moyens du bricoleur n’est donc pas définissable par un projet (ce qui supposerait d’ailleurs, comme chez l’ingénieur, l’existence d’autant d’ensembles instrumentaux que de genres de projets, au moins en théorie); il se définit seulement par son instrumentalité, autrement dit et pour employer le langage même du bricoleur, parce que les éléments sont recueillis ou conservés en vertu du principe que « ça peut toujours servir ».

De tels éléments sont donc à demi particularisés : suffisamment pour que le bricoleur n’ait pas besoin de l’équipement et du savoir de tous les corps d’état mais pas assez pour que chaque élément soit astreint à un emploi précis et déterminé. Chaque élément représente un ensemble de relations, à la fois concrètes et virtuelles ; ce sont des opérateurs, mais utilisables en vue d’opérations quelconques au sein d’un type ».

Claude Lévi-Straus, La Pensée sauvage (1960)


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s